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Julien Moreno, enseignant à l’ISOGM, devant son poster de recherche primé à la conférence MORE 2026 de la Mayo Clinic

Recherche en ostéopathie : l’ISOGM primé à la Mayo Clinic et publié à l’international

En septembre 2026, à Rochester dans le Minnesota, un travail de recherche mené par l’équipe de l’ISOGM a remporté le premier prix du poster de recherche lors de la conférence MORE, organisée par la Mayo Clinic. Le sujet de cette étude ? Le toucher, ce geste fondateur de l’ostéopathie, que l’on croyait bien connaître et qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.

Cette distinction n’arrive pas seule. Deux articles scientifiques issus de l’ISOGM sont en cours de publication dans une revue internationale de référence, et le pôle recherche de l’école mène quatre nouveaux projets, dont plusieurs avec la Mayo Clinic. Voici, expliqué simplement, ce que fait la recherche à l’ISOGM et pourquoi elle compte pour vous, futur étudiant.

Ce qu’il faut retenir

1Premier prix du poster de recherche à la conférence MORE de la Mayo Clinic, en septembre 2026.
2Une étude sur les sept dimensions du toucher en ostéopathie, acceptée par l’International Journal of Osteopathic Medicine.
3Un mémoire de fin d’études mené avec le CHU de Montpellier, déjà consultable en prépublication.
4Quatre nouveaux projets de recherche en cours, dont plusieurs en partenariat avec la Mayo Clinic.

Un premier prix à la Mayo Clinic

La Mayo Clinic est l’une des institutions de santé les plus reconnues au monde. Chaque année, à Rochester, elle organise la conférence MORE (Mayo Osteopathic Research and Education), consacrée à la médecine manuelle ostéopathique et à la recherche dans ce domaine. Les 18 et 19 septembre 2026, médecins, internes, enseignants et chercheurs s’y sont réunis pour échanger sur les dernières avancées de la discipline.

Julien Moreno, enseignant à l’ISOGM et membre de son pôle recherche, y a présenté un poster scientifique. Un poster, c’est une grande affiche qui résume une étude en un coup d’œil : la question posée, la méthode, les résultats et ce qu’ils changent. Les chercheurs le présentent ensuite de vive voix et répondent aux questions des congressistes.

À l’issue de la conférence, ce travail a reçu le premier prix du poster de recherche. Le certificat a été signé par le Dr Stephen K. Stacey, directeur de la conférence et co-auteur de l’étude aux côtés de l’équipe de l’ISOGM. Une reconnaissance outre-Atlantique qui récompense un travail collectif de longue haleine.

Certificat du premier prix du poster de recherche décerné à Julien Moreno lors de la conférence MORE 2026 de la Mayo Clinic
Le certificat du premier prix, remis lors de la conférence MORE 2026 à Rochester.

Le toucher en ostéopathie : ce que révèle l’étude

La question de départ

L’ostéopathie est une pratique manuelle : tout passe par les mains du praticien. Pourtant, le toucher est encore souvent décrit sous un seul angle, celui de la mécanique. On palpe pour repérer une zone qui bouge moins bien, puis on agit dessus. Or, de nombreuses recherches en neurosciences, en psychologie ou en philosophie montrent que le toucher fait bien plus que cela. Le problème, c’est que ces connaissances étaient éparpillées et n’avaient jamais été rassemblées dans le champ de l’ostéopathie.

L’équipe a donc posé une question simple en apparence : que fait réellement le toucher en ostéopathie, et sous quelles dimensions peut-on le décrire ?

Comment les chercheurs ont travaillé

Pour y répondre, l’équipe a réalisé une revue de la portée (scoping review en anglais). Le principe : rassembler tout ce qui a été publié sur un sujet, le trier avec rigueur, puis en dresser une carte d’ensemble. Concrètement :

  • 2 062 références ont été passées au crible dans quatre grandes bases de données scientifiques ;
  • 68 études ont été retenues, publiées en anglais ou en français entre 2005 et 2025 ;
  • deux chercheurs ont sélectionné les articles de façon indépendante, pour limiter les biais ;
  • chaque article a été relu dans son intégralité ;
  • le résultat a été validé par deux ostéopathes extérieurs à l’étude, forts de plus de 15 ans de pratique.

Autre gage de sérieux : le protocole de l’étude a été enregistré publiquement avant son lancement, sur la plateforme Open Science Framework. Cette démarche garantit que les chercheurs n’ont pas modifié leur méthode en cours de route pour obtenir les résultats souhaités. C’est aujourd’hui un standard de la recherche de qualité.

Sept dimensions du toucher

Le résultat principal est une carte, que les chercheurs appellent une taxonomie : le toucher en ostéopathie s’organise en sept dimensions et remplit dix-huit rôles. Voici ces sept dimensions, avec le nombre d’études qui les abordent :

  • Neurophysiologique (29 études) : ce que le toucher produit sur le système nerveux et sur la perception de son propre corps ;
  • Relationnelle (23 études) : la communication, la confiance et l’alliance qui se construisent entre le praticien et la personne qu’il reçoit ;
  • Perceptive (18 études) : la conscience du corps, la synchronisation entre deux personnes, le sens que chacun donne au toucher ;
  • Biomécanique (12 études) : l’évaluation des tissus et le geste manuel lui-même ;
  • Psychosociale (11 études) : les émotions, les attentes et l’adaptation à la culture de chacun ;
  • Professionnelle (7 études) : l’identité du praticien et la transmission du geste aux futurs ostéopathes ;
  • Bénéfices recherchés (7 études) : la diminution de la douleur, la récupération de la fonction et le bien-être.

Le constat est parlant : la dimension mécanique, longtemps considérée comme centrale, n’est abordée que par 12 études sur 68. Le toucher est d’abord un phénomène neurologique, relationnel et perceptif.

Poster de recherche de l'ISOGM sur les sept dimensions du toucher en ostéopathie, présenté à la conférence MORE 2026
Le poster primé à Rochester, avec au centre la carte des sept dimensions du toucher. Télécharger le poster en PDF (version anglaise)

Ce que cela change pour la formation

Pour les enseignants, cette carte offre un vocabulaire commun pour décrire ce qui se passe sous les mains. Elle montre aussi que la perception, la relation et la prise en compte du contexte ne sont pas des dons innés : elles s’apprennent et se travaillent. L’enseignement de la palpation peut donc s’organiser autour de ces différentes dimensions, et pas seulement autour de critères mécaniques.

L’étude assume aussi ses limites. Aucune des 68 études ne mesure comment ces dimensions interagissent entre elles, et l’expérience vécue des personnes reçues en consultation reste peu documentée. Les auteurs le précisent : leur carte est un outil de repérage, pas encore un instrument validé. La prochaine étape consistera à relier ces dimensions à ce que ressentent et rapportent les personnes elles-mêmes.

Une publication internationale

Cette étude a été acceptée par l’International Journal of Osteopathic Medicine, l’une des principales revues scientifiques internationales consacrées à l’ostéopathie. Elle fait actuellement l’objet des dernières révisions demandées par la revue avant sa publication. Elle réunit Julien Moreno, Ludovic Gironce, Franck Girard, Mathieu Fraisse et Romain Carbonneill pour l’ISOGM, en partenariat avec le Dr Stephen K. Stacey de la Mayo Clinic Health System.

Source : protocole de l’étude enregistré sur l’Open Science Framework et poster présenté à la conférence MORE 2026 de la Mayo Clinic.

Du mémoire de fin d’études à la publication

À l’ISOGM, chaque étudiant réalise un mémoire de fin d’études, soutenu devant un jury en cinquième année. Ce travail peut aller bien au-delà de l’exercice universitaire. La preuve avec le mémoire d’Anne Rondeau, sage-femme et diplômée en ostéopathie de l’ISOGM, mené en collaboration avec le service de gynécologie-obstétrique du CHU de Montpellier.

Ce que l’étude a observé

L’étude s’intéresse aux femmes qui attendent leur premier enfant. Elle compare le déroulement de l’accouchement entre celles qui ont consulté un ostéopathe pendant leur grossesse et celles qui ne l’ont pas fait. Il s’agit d’une étude dite observationnelle : les chercheurs observent et comparent des parcours réels, sans intervenir sur leur déroulement. Concrètement :

  • 122 femmes ayant accouché au CHU de Montpellier entre octobre 2025 et février 2026 ont été incluses ;
  • 44 d’entre elles avaient consulté un ostéopathe pendant leur grossesse, le plus souvent pour préparer la naissance ;
  • le projet a reçu l’avis favorable du comité scientifique et éthique de l’entrepôt de données de santé du CHU.

Les chercheurs ont relevé certaines différences entre les deux groupes pendant le travail, notamment sur la position du bébé et sur le recours à l’ocytocine, l’hormone parfois administrée pour accélérer les contractions. Mais ils le soulignent eux-mêmes avec rigueur : les femmes qui avaient consulté un ostéopathe présentaient aussi d’autres caractéristiques, comme l’âge ou un recours à l’ostéopathie déjà ancré avant la grossesse, qui peuvent expliquer une partie de ces écarts. L’étude ne permet donc pas de conclure que l’ostéopathie modifie le déroulement de l’accouchement. Elle ouvre en revanche une piste qui mérite une étude plus large.

Cette prudence n’est pas un aveu de faiblesse, c’est au contraire la marque d’une recherche sérieuse : dire précisément ce que les données permettent d’affirmer, et ce qu’elles ne permettent pas encore.

Une étude déjà consultable

Le travail est aujourd’hui en cours d’évaluation par l’International Journal of Osteopathic Medicine. Avant toute publication, une revue scientifique soumet l’article à des experts indépendants qui en vérifient la méthode et les conclusions : c’est ce que l’on appelle la relecture par les pairs. En attendant, l’article est déjà accessible librement en prépublication, c’est-à-dire dans sa version mise en ligne avant cette relecture. Il est signé par Julien Moreno, Anne Rondeau, Franck Girard et Pascal Velu.

Ce parcours illustre une conviction de l’ISOGM : un mémoire bien construit, appuyé sur un partenariat hospitalier, peut déboucher sur une véritable contribution scientifique.

Source : prépublication de l’étude sur SSRN (version en anglais, non encore relue par les pairs).

Les projets en cours du pôle recherche

Le pôle recherche de l’ISOGM ne s’arrête pas là. Quatre nouveaux projets sont actuellement en cours :

  • Les tests myofasciaux : une nouvelle revue de la portée sur la façon dont la littérature scientifique décrit ces tests manuels, qui évaluent les muscles et les fascias, ces enveloppes qui les entourent.
  • L’ostéopathie dans les services de médecine du sport aux États-Unis : une revue de la littérature sur l’intégration des approches manuelles et de la médecine manipulative ostéopathique dans les services de médecine physique, de réadaptation et de médecine du sport, en partenariat avec le service de médecine du sport et les internes de la Mayo Clinic.
  • L’approche du crâne en ostéopathie : un article de réflexion qui plaide pour un modèle cohérent et scientifiquement plausible, utile à la pratique clinique.
  • Une étude clinique sur les douleurs cervicales : l’élaboration d’un protocole qui comparera deux techniques manuelles, la technique d’énergie musculaire et le travail sur les points gâchettes, auprès de personnes présentant des douleurs cervicales chroniques. La mobilité du cou sera mesurée avec un CROM, un instrument fiable et reconnu pour mesurer les amplitudes de mouvement de la nuque.

Pourquoi la recherche compte pour vous

Choisir une école d’ostéopathie, c’est aussi choisir l’équipe qui vous formera. À l’ISOGM, plusieurs de vos enseignants sont aussi des chercheurs publiés et reconnus à l’international. Concrètement, cela signifie :

  • un enseignement nourri par les données scientifiques les plus récentes ;
  • un apprentissage du toucher qui intègre ses dimensions relationnelles et perceptives, au-delà de la seule mécanique ;
  • un mémoire de fin d’études qui peut s’appuyer sur un partenariat hospitalier et viser une publication ;
  • une ouverture internationale réelle, avec des partenaires en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Vous êtes déjà ostéopathe ? Franck Girard, co-auteur des deux études, anime également les formations post-graduées de l’ISOGM en ostéopathie pédiatrique et périnatale. Retrouvez l’ensemble des modules sur notre page dédiée aux formations post-graduées en ostéopathie.

FAQ – La recherche en ostéopathie à l’ISOGM

Qu’est-ce que la conférence MORE ? C’est une conférence organisée chaque année par la Mayo Clinic à Rochester, aux États-Unis. Elle est consacrée à l’enseignement et à la recherche en médecine manuelle ostéopathique, et réunit médecins, internes, enseignants et chercheurs.

Qu’est-ce qu’une revue de la portée ? C’est une méthode de recherche qui consiste à rassembler et classer l’ensemble des études publiées sur un sujet, afin d’en dresser une carte d’ensemble et de repérer ce qui reste à explorer.

Qu’est-ce qu’une prépublication ? C’est la version d’un article scientifique mise en ligne avant sa relecture par des experts indépendants. Elle permet de partager rapidement un travail, mais ses conclusions restent à confirmer par la revue.

Les étudiants de l’ISOGM participent-ils à la recherche ? Oui. Chaque étudiant réalise un mémoire de fin d’études, et certains de ces travaux, menés avec des partenaires hospitaliers comme le CHU de Montpellier, sont soumis à des revues scientifiques internationales.

Où lire ces publications ? L’étude menée avec le CHU de Montpellier est déjà consultable en prépublication. Les deux articles paraîtront ensuite dans l’International Journal of Osteopathic Medicine, et l’ISOGM relaiera chaque parution sur son site et ses réseaux sociaux.

Faut-il aimer la recherche pour devenir ostéopathe ? Non, la formation prépare avant tout à la pratique clinique. Mais être formé par des enseignants impliqués dans la recherche garantit un enseignement à jour, fondé sur les connaissances scientifiques les plus récentes.

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